vendredi 27 août 2010

Mur

Françoise Goria - Les Choses 2010

editing pour l'exposition Archist, Galerie des grands bains douches, Marseille
exposition du 9 septembre 2010 au 2 octobre 2010

mardi 29 juin 2010

En rachâchant

On peut voir  le film en cliquant ici : En rachâchant, 6mn50
 
Un film de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub tourné en août 1982.
Texte de Marguerite Duras
Photographie : Henri Alekan
Son : Louis Hochet

lundi 28 juin 2010

Chaque image doit trouver sa place




cliquez sur les images pour les agrandir

Le quatrième accrochage réalisé cette année par le groupe de travail Picturediting s'est tenu dans le cadre de la manifestation Pinkpong, le 30 mai 2010, à côté de l'espace de présentation de "Rring-rring", dans le Palais des Arts de l'Esba de Toulouse.

Nouvelle occasion de manipuler les photographies et de préciser, de fait, les concepts qui sous-tendent notre travail. Une certitude en investissant ce jour-là l'espace : nous ne voulons pas refaire, pas répéter, ni une forme ni une méthode mais nous voulons être surpris, au delà de notre fatigue et la fatigue aidant, encore, par ce que peuvent les images, par ce que nous serons capable de mettre à jour dans ce qu'elles peuvent nous dire. C'est le pari.

Place

Toutes les images ont la même importance et chacune doit trouver sa place. Sa place : l'endroit où elle est tout ce qu'elle est et non seulement un élément d'un ensemble. Nous n'agençons pas un ensemble d'images mais chacune des images trouve sa place. Ce qui change d'une installation à l'autre c'est l'endroit où se trouve la place de chaque image.

Différentiels

On ne crée pas des rapports d'images mais des différentiels entre les images. Le différentiel entre deux images change suivant l'ensemble dans lequel il est inclus. Par exemple : Entre les mots Noir et Blanc il existe un différentiel. Si on considère maintenant Noir, Blanc et Rouge, le différentiel entre Noir et Blanc a changé. Il n'est plus aussi extrême, en combinant son intensité aux autres intensités en présence, il se module différemment. De même pour les images.

Surfaces

On ne crée pas des rapports d'images mais des rapports de surfaces dans l'espace. On manipule d'abord des surfaces plus ou moins grandes, de proportions différentes. A l'intérieur de ces surfaces des images apparaissent et cohabitent de manière parfois imprévue. Nous considérons l'image à la surface après la surface dans l'espace parce que l'image influe sur la qualité de la surface. C'est parfois leur rapport de taille qui permet à deux images d'être juxtaposées.

Segments

Cette fois-ci, nous n'avons pas combiné des unités (photographies) dans l'espace mais nous avons combiné dans l'espace des segments constitués de plusieurs unités hétéroclites, c'est-à-dire nous avons construit un ensemble d'ensemble. Chaque segments a été d'abord construit suivant une direction spatiale ou sémantique propre (groupes verticaux du premier mur, groupe d'images superposées, groupe narratif du mur du fond, long groupe horizontal sur le troisième mur...) La double direction ainsi produite : sens des segments les uns par rapport aux autres + sens à l'intérieur de chaque segment a permis d'augmenter les différentiels entre les images (différentiels de tailles, de nature, de qualité)

fg

Toutes les images de l'accrochage dans Pinkpong sont sur flickr : ici. (cliquez en haut à droite sur diaporama pour les visualiser successivement)

lundi 21 juin 2010

Lev Koulechov, Eugène Chevreul





Dans l'expérience que Lev Koulechov réalise en 1917, le spectateur croit voir trois expressions différentes sur le même plan du visage de l'acteur, impassible, associé à trois autres plans (dont deux sont des photographies). Kouleshov démontre ainsi que le sens n'est pas propre à l'image mais se construit au montage des plans qui interagissent les uns avec les autres.
C'est parce que les gens disaient que les noirs des tapisseries des Gobelins n'étaient pas bons, que Eugène Chevreul, après avoir vérifié la qualité chimique des couleurs s'est intéressé à la perception de ces couleurs. Il déduit alors que l'on ne perçoit pas de même façon un échantillon de couleur quand il est isolé et quand il est juxtaposé à d'autres couleurs. C'est le début d'une longue enquête. En 1839 il énoncera la loi du contraste simultané : la modification qui se produit entre deux couleurs juxtaposées consiste en ceci que chacune ajoute à l'autre un peu de sa complémentaire. Mais en 1828, il aboutit à cette idée : dans le cas où l'oeil voit en même temps deux couleurs qui se touchent, il les voit les plus dissemblables possible.
Une image contamine l'autre de sorte qu'elles se lient.
Une couleur contamine l'autre de sorte qu'elles s'opposent.

vendredi 18 juin 2010

La main nécessaire

Si Gilles Deleuze montre la main en la nommant, Henri Alekan l'utilise pour construire un plan de lumière au même titre que le fond de l'image et le visage. Pour Laszlo Moholy Nagy la main projette un espace ouvert et dynamique et Roland Barthes dira dans La chambre claire, de celles d'Andy Warhol qu'elles ne cachent rien mais se donnent ouvertement à lire. (fg)

cliquez sur l'image pour l'agrandir

"...Le cinéma bressonien se présente comme une série de petits morceaux dont la connexion n'est pas prédéterminée. Bresson a été un des premiers à faire de l'espace avec des petits morceaux déconnectés c'est-à-dire des petits morceaux dont la connexion n'est pas prédéterminée. Ces petits morceaux d'espace visuel dont la connexion n'est pas donnée d'avance, par quoi voulez-vous qu'ils soient connectés sinon par la main.

Le type d'espace de Bresson et la valorisation cinématographique de la main dans l'image sont éminemment liés. Le raccordement des petits bouts d'espace bressonien, du fait même que ce sont des bouts, des morceaux déconnectés d'espace, ne peut être qu'un raccordement manuel d'où l'exhaustion  de la main dans tout le cinéma de Bresson...

Il n'y a plus que la main qui puisse effectivement opérer des connexions d'une partie à l'autre de l'espace, et Bresson est sans doute le plus grand cinéaste à avoir réintroduit dans le cinéma les valeurs tactiles. Pas simplement parce qu'il sait prendre en images admirablement les mains mais, si il sait prendre admirablement les mains en images, c'est parce qu'il a besoin des mains.

Un créateur n'est pas quelqu'un qui travaille pour le plaisir, un créateur ne fait que ce dont il a absolument besoin..."

extrait de la conférence "Qu'est-ce que l'acte créateur" donnée par Gilles Deleuze à la Femis en mai 1987

Pour voir un extrait du film Pickpocket de Robert Bresson

Henri Alekan est le chef opérateur de le Belle et la bête de Jean Cocteau mais aussi des Ailes du désir de Wim Wenders

sur Laszlo Moholy Nagy, le site de la fondation

et les photographies de Duane Michals

jeudi 20 mai 2010

Cheminements - 24 avril-30 mai 2010



L'exposition à Monfort a été l'occasion, pour les étudiants en photographie de l'Ecole des Beaux-Arts, de rejouer un Picturediting dans un lieu radicalement différent de celui du Palais des Arts à Toulouse. Gardant certains de nos syntagmes et archipels d'images nous avons tenté de nouvelles variations, cherchant une sonorité propre à habiter ce nouvel espace.

Davantage d'images de l'exposition ici.

ou encore sur la galerie de Léa Pagès.

Prochain rendez-vous dans le cadre de la manifestation Pinkpong, le dimanche 30 mai 2010 au Palais des Arts, Ecole Supérieure des Beaux-Arts, quai de la Daurade à Toulouse.

vendredi 14 mai 2010

Photographie comparée


Tanger, 2008 ©goria


Domenico Ghirlandaio


Comparaison n'est pas raison par David Liaudet

"Les photographies d'actualité sont pleines des fantômes d'images qui les ont précédées..." un extrait d'un texte de Gilles Saussier

et puis Domenico Ghirlandaio démonté et remonté par Aby Warburg

jeudi 13 mai 2010

The Americans

"The Americans" est republié par les éditions Steidl en 2008. Les photographies constituant ce corpus sont issues d'un périple de Robert Frank de 2 ans à travers les Etats-Unis avec un appareil 24x36mm, "qu'il pouvait manier d'une seule main" dit Jack Kerouac. Démontrant une volonté documentaire tout autant qu'une forte subjectivité notamment inscrite dans la nature des cadrages, l'ouvrage est construit sur un editing proche du montage cinématographique dont l'image de couverture annonce le projet.

Le processus de travail est allé de 767 rouleaux de pellicules à, d'abord 1000 épreuves tirées à la main et groupées par sujets, puis une sélection de 83 photographies séquencées pour la maquette finale du livre "The Americans" accompagné d'un texte de Jack Kerouac et publié par Robert Delpire en France en 1958 et Grove Press aux usa en 1959.

Davantage sur ces liens :

Robert Frank et "Les Américains" sur desordre.net

le livre : The Americans

la réedition

une vidéo montrant Jack Kerouac

lundi 10 mai 2010

Diachronie fantaisiste 1

"S'arrêter sur des similitudes apparentes, fixer les ressemblances formelles comme seuls critères pour relier des objets qui s'ignorent, (...). Diachronie fantaisiste."

Richard Monnier, My Recreative Method, éditions contrat maint, 2004

Dans la machine à photosculpter que Claudios Givaudan invente en 1925, le sujet à reproduire en relief est décomposé en tranches lumineuses et subdivisé ainsi en autant de profils-images. Cinq boîtes à lumière disposées en couronne autour du personnage répartissent l'éclairage sur le contour à reproduire. Toutes les sources sont placées sur un même plan perpendiculaire à l'axe de prise de vue. L'ensemble d'éclairage se déplace, à chaque prise de vue, d'une longueur égale à l'épaisseur d'une tranche à réaliser. L'avancement du film et sa perforation et le déplacement de l'éclairage sur le sujet se font automatiquement grâce à un moteur électrique. Le chariot porte-éclairage avance en même temps que le film avance dans l'appareil après chaque exposition, il est au repos pendant le temps de pose du sujet. Les profils-images obtenus sur le négatif sont reportés sur de fines feuilles de zinc sensibilisées et gravées par morsure dans un bain d'acide. Ces feuilles sont ensuite rigoureusement superposées grâce aux perforations du film. Les images sont exactement étageables. Les supports profils forment un creux qui sera la représentation du sujet.

The Big Wheel de Chris Burden d'abord montrée en 1979, est une sculpture cinétique dans laquelle la montée en régime d'un moteur de moto met en mouvement une roue d'acier massive dont la rotation se prolonge pendant deux heures et demi, révélant les processus de transfert et de stockage d'énergie.

>La vidéo de l'action (enfin... les deux premières minutes!) par Chris Burden


Dans le premier disposif le couplage des machines d'éclairage et de prise de vue sert à l'analyse de la forme en la découpant précisément en tranches. Deux systèmes de translation par le biais de rails et de perforations sont synchronisés dans une durée mesurée et saccadée, elle-même découpée en tronçons. Dans l'oeuvre de Chris Burden l'énergie initiale continue du moteur est transmise et stoquée par la grande roue qui la restitue lentement, et tout aussi continûment, dans son mouvement, après que le moteur du véhicule a été stoppé. A un certain moment les deux roues en contact, d'abord en phase, se distinguent et s'opposent, l'une prolongeant silencieusement dans une durée fluide et interminable, l'effort bruyant et rapide de l'autre.

mercredi 5 mai 2010

La Belle Manière

Daniel Meyer, portail, 1609

"L'artiste de la Manière, écrit Tafuri, ne possède plus de terrain de réflexion universel et stable ; il sent se dérober sous lui toute foi et toute certitude, et il ne lui reste rien d'autre à faire que de sauter l'obstacle, de s'approprier les lois mêmes de cette infinie fermentation de la matière et de se comporter en expérimentateur sans illusion, tandis qu'il tente de complexes opérations qui confinent à la magie et à l'exorcisme."...

Antonio Pinelli, La Belle Manière, 1996

dimanche 2 mai 2010

Positions

La photographie comme geste.

Voir la Galerie de photos de Léa Pagès : ici

samedi 1 mai 2010

C'est un objet maniériste, il devient événement.


"Le nouveau statut de l'objet ne rapporte plus celui-ci à un moule spatial, c'est-à-dire à un rapport forme-matière, mais à une modulation temporelle qui implique une mise en variation continue de la matière autant qu'un développement continu de la forme. Dans la modulation, "il n'y a jamais arrêt pour démoulage, parce que la circulation du support d'énergie équivaut à un démoulage permanent; un modulateur est un moule temporel continu… Mouler est moduler de manière définitive, moduler est mouler de manière continue et perpétuellement variable"*. … C'est une conception non seulement temporelle, mais qualitative de l'objet, pour autant que les sons, les couleurs, sont flexibles et pris dans la modulation. C'est un objet maniériste, et non plus essentialiste : il devient événement."...
*Gilbert Simondon, L'individu et sa genèse physico-biologique, Puf
Gilles Deleuze, Le Pli, éditions de Minuit, 1988


Le moulage en forme de cœur que présentent les deux mains dans la deuxième photographie de de My Hands are My Heart renvoie à deux modulations distinctes : celle, organique, des battements du cœur qu'il figure et celle, artisanale puis architecturale, de la brique servant à la construction des bâtiments de la ville.

Le moulage en cire de la portion de corps comprise entre la main et la bouche de l'artiste renvoie au langage et au jeu de mot (live from hand to mouth, c'est-à-dire avoir du mal à joindre les deux bouts) et pose la question du rapport entre objet et langage.
Le dispositif cinématographique repose sur la division du ruban filmique en cadres, ou photogrammes, dont la projection intermittente à une cadence déterminée de 24 images par seconde produit une illusion de continuité. Le film de Richard Serra, Hand Catching Lead, 1969, illustre ce dispositif. Suivant le mouvement vertical de la pellicule dans le projecteur, des feuilles de plomb tombent dans le champ de l'image. La main de Serra s'ouvre et se referme pour les attraper et lorsqu'elle y parvient, les relâche aussitôt, reproduisant ainsi le défilement intermittent du film. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Au fil de l'action, la main de Serra noircit au contact du plomb et dessine, comme une ombre, la silhouette approximative d'un chien cherchant à attraper au vol les objets qu'on lui jette ; il ramène ainsi le dispositif cinématographique à ses origines : la projection d'un spectacle d'ombres sur un mur.
En 1969, Steve Reich créa Pendulum Music au Whitney Museum en compagnie de Bruce Nauman, Richard Serra, Michael Snow et James Tenney. Des micros faisant des mouvements de balanciers au-dessus d'un ampli, créent des larsens périodiques.
Puis avec les Clapping Music il crée une musique produite uniquement par les sons du corps.
Il invente dès 1965, le Phasing, par analogie avec la notion de déphasage présente en physique entre deux ondes ou en traitement du signal entre deux signaux périodiques.
D'autres Clapping Music :