mercredi 1 novembre 2017

Picturediting#2-2017

Picturediting#2, lundi 23 octobre 2017, Palais des arts, Isdat


Ce lundi 23 octobre nous avons monté le Picturediting#2 à partir d'un long texte en fragments circulant le long du Palais des arts. Chaque participant est venu avec ses photographies et avec une série d'énoncés concernant son travail, tapée ou inscrite au centre d'une feuille standard A4. La ligne des feuilles A4, disposée sur le mur au hasard, incite à la lecture rapprochée des textes tandis que la perception des photographies grand format demande du recul. Nous nous amusons de ce mouvement continuel d'approche et de recul par rapport au mur. Chorégraphie qui mobilise notre mémoire dans l'impossibilité de percevoir simultanément les éléments de langage et les images.

Les images et les textes se côtoieront sur le mur dans l’espace de l'exposition. Comment maintenir ensemble, disjoints, c’est-à-dire à la fois unis et séparés, des énoncés écrits et des photographies ? Vivent les disjonctions ! Nous cherchons les raccords pour garder actifs les fragments.

Ce long texte collectif peut-il être une bande son ? Une image sonore qui viendrait travailler les images photographiques, les connoter, les inquiéter, les prolonger, les percuter… Presque jamais perçus simultanément sauf avec de petits formats installés à proximité, les feuillets prennent ou passent le relais aux images.

FG 



Il ne faut pas qu'image et son se prêtent main-forte, mais qu'ils travaillent chacun à leur tour par une sorte de relais. 

Image et son comme des gens qui font connaissance en route et ne peuvent plus se séparer.

Robert Bresson, Notes sur le cinématographe, 1975



Toutes les photos de la journée sont : ici

Participants : Noanne Adam, Cristelle Aguilo, Gay Ben Chetrit, Julie Branque, Aurore Clavier, Ilyess El Habchi, Naomi Henry, Clara Jude, Adrien Julliard, Marion Lefeuvre, Maeghan Leigh Mourier, Antonine Muscat, Paul Ricci, Paul Rigaud, Kaelis Robert.   

dimanche 15 octobre 2017

Picturediting#1-2017

Picturediting#1, lundi 9 octobre 2017, Galerie du Quai, Isdat

Nous, regardeurs 
Tous ici, qui arrivons ce matin dans la galerie du Quai, sommes des "fabriqueurs". Fabriqueurs d'images et d'objets que nous apportons. Des objets d'art ? D'abord des objets qui nous concernent dans lesquels nous mettons le meilleur de nous-même. Oui, sans savoir vraiment pourquoi, attentifs à comment faire, nous avons l'habitude de regarder les objets que nous avons fait, presque de les scruter pour les faire parler, leur faire dire quelque chose de leur nécessité, c'est-à-dire de la nécessité pour nous, à travers eux, d'exercer notre présence au monde. Nous les regardons et en parlons alors du point de vue du fabriqueur. 

Mais ce matin, dans la galerie du Quai, tous ces "fabriqueurs" se sont transformés en "regardeurs" ! La transformation passe par d'innombrables gestes connus exécutés dans l'espace partagé : dérouler, marcher, soulever, plaquer, reculer, redresser, clouer, écarter, lever… La transformation passe aussi par regarder. Oui mais, regarder avec. Car pour que chaque photo trouve sa place, pour les articuler, créer des différentiels et des rapports de surfaces qui mettent en mouvement les possibilités du sens, chacun a dû "lâcher" ses propres images, s'en déprendre et trouver une position d'extériorité au milieu des autres, pour entrer dans un processus combinatoire. 

Position du regardeur : celui qui s'active dans l'espace vacant (entre les objets), glissant de compagnie dans les intervalles, pour que le lieu dans sa totalité devienne maintenant, pour l'occasion, un espace précaire, unifié et mobile (démocratique).


Le regardeur
Quelqu'un qui regarde, oui, je travaille pour lui. Si l'on me parle de public ou de spectateur, je ne sais pas qui c'est. Peut-être un outil marketing ? Donc, disons que le "regardeur", c'est celui à qui l'on passe l'œuvre, parce que c'est ça dont il s'agit, dans le fond. Un artiste produit un objet et à un moment donné, il s'en sépare, et quelqu'un d'autre le regarde. Et c'est à ce moment-là que commence la vie de l'œuvre : pour qu'elle existe, il faut que l'artiste s'en sépare. Je pense que cette coupure est l'acte essentiel pour qu'un travail devienne une œuvre — et qu'un regardeur se mette à exister. Cette coupure est un cadeau. C'est aussi pour cela que l'œuvre se doit d'être close. Parce qu'elle ne communique pas les résultats d'une expérience, elle permet l'expérience. Et à cette fin, il faut fournir au regardeur un objet parfaitement clos ou expiré de façon à ce que ce soit lui qui l'ouvre ou l'inspire.
Jean-Luc Moulène, catalogue Centre Pompidou, 2016


Toutes les photos sont : ici 

Participants : Noanne Adam, Cristelle Aguilo, Gay Ben Chetrit, Florine Berthier, Julie Branque, Aurore Clavier, Ilyess El Habchi, Naomi Henry, Clara Jude, Adrien Julliard, Cloé Labourdique, Marion Lefeuvre, Maeghan Leigh Mourier, Antonine Muscat, Paul Ricci, Paul Rigaud, Kaelis Robert, Pauline Sarrazy, Chanwei Tang, Nina Vial Mouillet