jeudi 16 septembre 2010

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La pièce de Julian Opie "It is believed that some dinosaurs could run faster than a cheetah" de 1991 ressemble à un gros bloc de bois blanc, peint en blanc comme les murs de la galerie, qui aurait été minutieusement coupé et dont on aurait écarté les différents éléments. Chaque élément est lui-même un bloc, un parallélépipède rectangle, parfaitement fermé. Chaque coupe est matérialisée par un plan de couleur et aucune de ces coupes ne traverse le bloc de part en part. Les espaces créés entre les éléments ne sont pas assez larges pour que l'on pénètre dans la sculpture. Les plans de couleurs guident le regard à l'intérieur de l'objet pendant que l'on marche autour. L'objet étant plus haut qu'un homme, on en a jamais une vue d'ensemble. La démarche périphérique de l'observateur s'accompagne d'une construction mentale. De mémoire, avec les lignes colorées que l'on voit, on tente de dessiner le plan de l'objet afin de le comprendre, afin de lui faire quitter la figure d'architecture impénétrable qu'il nous oppose, dans une connivence évidente avec le lieu, pour en faire, soi-même spectateur, un objet que l'on puisse tenir à distance par la force de la pensée. Le devenir objet, voire peinture, de ces pans et blocs est comme promis par la façon dont ils reposent sur le sol : légèrement surélevés.

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En intégrant le cadre à l'intérieur du tableau (comme Lygia Clark), Hélio Oiticica permet au tableau de se développer dans l'espace et dans le temps...

"La couleur est une des dimensions de l'oeuvre. Elle est inséparable du phénomène total, de la structure, de l'espace et du temps, tout en étant au même titre que ces trois éléments un élément distinct, dialectique, l'une des dimension de l'oeuvre. Ainsi jouit-elle d'un développement propre, élémentaire, car elle est le noyau même de la peinture, sa raison d'être. Néanmoins, lorsque la couleur n'est plus assujettie au rectangle, non plus qu'à une quelconque représentation de ce rectangle, elle tend à "prendre corps", elle devient temporelle, crée sa propre structure, de sorte que l'oeuvre devient alors le "corps de la couleur". (5 octobre 1960)

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Avec le concept de couleur-temps, la transformation de la structure est devenue indispensable. L'utilisation du plan, dans son sens a priori de surface à peindre, ancien élément de représentation, même virtuellement, n'était désormais plus possible. La structure pivotant dans l'espace devient alors, elle aussi, temporelle : structure-temps. La structure et la couleur ainsi que l'espace et le temps sont ici, du fait de la fusion dans l'oeuvre de ces quatre éléments, que je considère comme autant de dimensions d'un phénomène unique, inséparables. (21 novembre 1960)... "

Hélio Oiticica, extraits de Aspiro ao Grande Labirinto

Voici deux vidéos qui retracent le parcours de Hélio Oiticica : 1ère partie et 2ème partie

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Dans les années 80, Christian de Portzamparc invente l'Ilôt ouvert, un nouvel outil conceptuel.

"J'ai une théorie de l'îlot contemporain, que j'appelle « l'îlot ouvert », ou « l'îlot libre »... Je prends souvent la métaphore de la nature morte en peinture : des objets différents, rassemblés, avec chacun une matière et une géométrie très singulière, mais qui, par le jeu des interstices, de la lumière, de la présence calme de l'ensemble, dialoguent entre eux pour constituer un tout qui est plus que chaque élément séparé. C'est ce que la ville contemporaine devient. C'est pourquoi la confrontation d'unités contrastées m'intéresse depuis longtemps.

... J'ai toujours été sensible à la notion d'espace. Tout mon travail architectural peut se résumer à l'attention particulière que je porte au vide. Si mon travail à une valeur structurelle de base, je crois que c'est dans l'enchaînement des vides. Comme le disait Lao Tseu : « La maison ce n'est pas le mur, ce ne sont pas les toits, ce n'est pas le sol, mais c'est le vide entre tous ces éléments, car c'est là que j'habite ». J'ai trouvé cette phrase récemment. C'est exactement ce que je formulais toujours : je fabrique du creux avec du plein."

Christian de Portzamparc


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Giorgio Morandi

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