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Suzanne Opton, Pitcher and Book, série Women Anna et Bernhard Blume, Küchenkoller (détail), 1985 Ann Hamilton, body object series, 1984/1991
L'objet est également caractérisé par ses dimensions : il est à l'échelle de l'homme, et plutôt légèrement inférieur à cette échelle. Un atome, ou un microbe, ne sont des "objets" que par un effort de la rationalité, au-delà de la perception ; en fait, ils ne sont guère que des "objets d'études" au sens philosophique. Une montagne, si elle est "l'objet de la vue", n'est guère un objet au sens courant du terme. Une maison n'est pas non plus un objet, car on y rentre, l'homme reste extérieur à ses objets en général, et cette remarque vaut aussi pour la voiture à qui sa mobilité donne pourtant beaucoup les caractères d'un objet. Une catégorie intéressante en de nombreux cas est l'opposition entre l'englobé (ce qu'on prend dans ses bras) et l'englobant, ce dans quoi on pénètre et qui en quelque mesure nous accueille (le vêtement, le manteau).
En bref, à la question "qu'est-ce qu'un objet", nous répondrons : c'est un élément du monde extérieur fabriqué par l'homme et que celui-ci peut prendre ou manipuler. Un objet est indépendant et mobile.
Enfin, un objet a un caractère, sinon passif, tout au moins soumis à la volonté de l'homme. L'objet peut être manipulé à notre gré et, si un chat mais pas un objet, un chat cybernétique peut l'être. Abraham A. Moles, Théorie des objets, 1972 |
dimanche 30 octobre 2022
Trois femmes et des objets
dimanche 18 avril 2021
Self Comédie
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| Self Comédie, étudiants de 1ère année, isdaT, 2021 |
Le vendredi 9 avril, nous avons actualisé, avec les étudiants de première année de l'isdaT, la pièce de General Idea : Manipulating the Self (1971), à travers la mémoire du travail plus récent, de Suzanne Lafont : Situation Comedy (2010), prolongeant le protocole du groupe d'artistes.
Nous avons suivi les instructions de General Idea, seule l'adresse postale était obsolète :
"La tête est séparée ; la main est séparée. Le corps et l’esprit sont séparés. La main est le miroir de l’esprit. Enroule ton bras par-dessus ta tête, coince ton coude derrière et agrippe le menton avec ta main. L’acte est maintenant achevé. Contenu, tu es contenant. Tu es objet et sujet, vu et voyeur."
Le livre en ligne est ici.
Au tout début des années 70, le groupe General Idea (1969-1994) a lancé de nombreux projets d'art postal à petite et à grande échelle, par exemple le Orgasm Energy Chart, invitant les participants à documenter leurs orgasmes pour un calendrier, Le concours Miss General Idea, un concours de beauté satyrique ou Manipuler le Soi dans lequel les intéressés sont invités à se photographier en réalisant cette figure : "Enroule ton bras par-dessus ta tête, coince ton coude derrière et agrippe le menton avec ta main", et à envoyer les résultats à General Idea pour une publication éponyme. 
General Idea, Manipulating the Self, publication, 1971
De tels projets ont été facilités par le contact avec ce qui a évolué depuis la toute première New York Correspondance School du pop artiste Ray Johnson, l'explosion de l'activité souterraine devenant connue sous le nom de mail art via un mail art network qui créait un nouvel accès aux institutions artistiques obsolètes. Les œuvres sont créées pour circuler par la poste. Elles sont diffusées grâce à des réseaux d’affiliations. Elles permettent ainsi d'atteindre de nouveaux publics mais aussi de donner des nouvelles de travaux en cours ou de revendiquer un certain "non-savoir-faire". General Idea (1969-1994) est lié à de nombreux praticiens du mail art partout dans le monde. « Nous recevions du courrier de toute l’Amérique du Nord [...], d’Europe, d’Europe de l’Est, d’Amérique du Sud, du Japon, d’Australie et parfois même de l’Inde, rappelle AA Bronson, nous en avons reçu de Gilbert & George, de Joseph Beuys, de la Factory de Warhol, de Ray Johnson, de quelques adeptes du Fluxus, et d’autres. »
À l’automne 1973, les artistes transforment une partie de leur atelier, à Toronto, en un centre de distribution parallèle et d’archives : Art Metropole où l’on trouve à bon prix des livres d’artistes, des productions audio et vidéo et des multiples.
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| Suzanne Lafont, Situation Comedy, 2011, Mudam |
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| Suzanne Lafont, Situation Comedy, 2010 |
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| Sculpture Comedy, étudiants de 1ère année, isdaT, 2021 |
Avec : Amélie Alonso, Célia Konikoff, Charlotte Collin, Eddy Deloustal, Elisa Ferriol, Etienne Lapeze-Charlier, Jihyun Bae, Laura Berthier, Lena Bonnet, Lola Bariant, Min Sung Kim, Nahia Lafarie, Orphée Berthomme, Rosalie Bonnemaison-Fitte, Rubben Keim, Samuel Kerboas, Seohye Lee, Tristan Bordes, Valentine Boschi, Victor Bourgeois et Françoise Goria, Christine Sibran.
Le livre en ligne est ici.
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| Françoise Goria, Figura serpentina, montage, 2021 |
vendredi 25 septembre 2020
Floor & Wall
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Dan Graham, TV Camera/Monitor Performance, 1970 Bruce Nauman, Floor Wall Positions, vidéo nb 60mn, 1968 TrishaBrown, Walking on the Wall, 1971 |
Un membre du public regardant le moniteur à l'arrière voit les choses depuis mon point de vue "subjectif" (dans le système de feedback de mon corps). Un membre du public regardant vers l'avant peut observer mon corps d'un point de vue extérieur - comme un objet extérieur. La vue du moniteur montre également le public, placé directement entre la caméra et l'écran, observant le processus d'orientation du performeur. Un spectateur tourné vers le moniteur arrière ne peut jamais observer (sur l'écran) son visage (il voit l'arrière de sa tête), mais peut observer le regard frontal des autres membres du public.
Plus tard, les deux films réalisés sont projetés pour être vus sur des murs opposés.
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| Dan Graham, TV Camera/Monitor Performance, 1970 |
"Debout, dos au mur, pendant environ 45 secondes ou une minute, se pencher en avant du mur, puis plier la taille, s'accroupir, s'asseoir et enfin se coucher par terre. Il y avait sept positions différentes en relation au mur et au sol. Ensuite, j'ai refait toute la séquence en m'éloignant du mur face au mur, puis tourné à gauche, puis tourné sur la droite. Ça faisait 28 positions et ça a duré une heure."
La vidéo est : ici
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| Bruce Nauman, Floor Wall Positions, vidéo nb 60mn, 1968 |
À chaque extrémité des murs, des échelles permettaient aux danseurs harnachés de monter plus haut sur le mur. Chaque performeur est sur une corde de longueur légèrement différente, et ils doivent négocier leurs croisements. Le public regarde les danseurs et se tient au milieu de l'espace, à la place habituelle de la scène. Il suit les mouvements en se déplaçant lui-même.
Le mouvement des piétons le long des murs souligne la vulnérabilité et la confiance que les danseurs doivent avoir dans le dispositif qui les retient. La marche parallèle au sol évoque l'espace parce qu'ils défient la gravité. Un tel plaisir de l'abandon coexiste avec une structure très rigoureuse. Une action quotidienne (marcher) légèrement déplacée (sur le mur) montrant tout son processus de réalisation (rails et cordes) crée un espace de confrontation paradoxal (corps verticaux, corps horizontaux) parfaitement lisible (et visible) qui "ouvre" le lieu (le délimite).
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Trisha
Brown, Walking on the Wall, 1971 - Trisha Brown, Man Walking Down the Side of a Building, 1970 |
jeudi 7 mai 2020
Phrases-femmes (2)
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| D'après les études de cyclographe de Lillian Gilbreht, 1951 |
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| Mike Mandel, série Making Good Time, Changer une couche, 1985 |
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| Atsuko Tanaka, Robe électrique, 1957 |
lundi 20 avril 2020
Excés de surface
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| Bernard Voïta, sans titre, 1988 |
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| Bernard Voïta, sans titre, 1988 |
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| Bernard Voïta, Caméra VIII, I et VI, 2003-2011 |
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| Bernard Voïta, Caméra V et IV, 2003-2011, Digital print, 280 x 250 cm |
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| Bernard Voïta, Jalousie, 2017, Métal laqué, 80 x 60 x 7 cm (fermé) |
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| Bernard Voïta, Jalousie I et II, 2017, Métal laqué, 180 x 130 x 7 cm (fermé) |





















