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figure 1 W. H. Fox Talbot, La Meule de foin, calotype, avril 1844 Anonyme (US Air Force), L'Echelle et l'ombre dite de Hiroshima, 1945 |
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figure 2 W. H. Fox Talbot, La Meule de foin, calotype, avril 1844 (carte postale) L'Echelle et l'ombre imprimée, musée de la bombe atomique, Nagasaki |
La tentation était grande - et j'y ai cédé - de produire tout de suite le rapport, de le montrer, de montrer - le jeu de mots s'imposant ici tout seul - ce rapport d'échelles, de montrer le passage d'une échelle claire et de son ombre noire à une échelle blanche et spectrale (figure 1) puis encore le passage de celle-ci à une ombre absolue, sorte d'écho sans source (figure 2). Mais de quelque manière que l'on fasse circuler le sens entre ces épreuves, toutes positives, un pur et terrible négatif apparaît derrière l'ombre : c'est originairement, innocemment même, que la saisie photographique, née de la lumière, renferme en elle un point noir, et c'est ce point noir qui scelle le montage inopiné des séquences, de la campagne anglaise au Japon en ruines.
A tout cela je reviendrai, nous reviendrons. Il y a du temps, et très précisément celui d'un développement, pour filer à propos de l'écriture la métaphore de l'opération toujours en retrait de la photographie : ce que je cherche, au fond, c'est à faire venir l'image latente qui est déposée entre ces deux (ou trois) images, qui va de l'une à l'autre, comme pour dire qu'en toute image développée, effective, une image latente survit encore et se propage.
Jean-Christophe Bailly, L'Instant et son ombre, Seuil, 2008
7 échelles : ici
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